La Bresse, Vosges,

îlot républicain sous l'Ancien Régime

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La coutume

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L'administration

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Le plaid banal

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Le Bressau

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Rôle du clergé

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Les femmes 

et la coutume

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La forêt

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Conclusion

 

La coutume

Placée sous l'autorité effective des ducs de Lorraine, la ville de La Bresse parvint malgré tout à conserver, à travers les siècles, son droit coutumier remis régulièrement en cause par les autorités locales, comme le château d'Arches, dés que le pays retrouvait un peu de prospérité. Ces moments de calme furent assez rares car cet endroit se trouvait sur le lieu de passage des guerriers de tous bords et des bandits de grand chemin qui semaient la désolation et laissaient, dans leurs sillages, de terribles épidémies. La proximité du château de Wildenstein, formidable forteresse prise et reprise au cours des guerres, apportait milles maux aux habitants, particulièrement  au cours de la guerre de trente ans. Certains guerriers de passage lassés des combats ou autres hommes avides de liberté, trouvèrent refuge chez les Bressauds et s'établirent en fondant une famille. Cet apport devait entretenir, au cours des temps, l'esprit d'indépendance et la détermination farouche de la conserver. Pour préserver leurs droits ils utilisèrent des stratagèmes, notamment en minimisant le résultat de leurs récoltes, pour ne pas attirer la convoitise des collecteurs d'impôts.

La Bresse vécut ainsi jusqu'au XVI ème siècle avec une population moyenne de 400 à 500 habitants, jusqu'au jour où du 28 octobre 1585 où le prévot et le receveur d'Arches se présentèrent pour faire l'inventaire de la commune. Le duc Charles III, sur proposition de Thierry Alix, son président de la Chambre des Comptes, a décidé de faire entrer dans le domaine ducal "tout le versant occidental des Hautes Vosges, à partir de la limite de la fonte des neiges."

Le duc, en s'intéressant plus étroitement à cette région, s'empressa de s'attaquer aux privilèges des Bressauds. Il exigea que la coutume orale soit mise par écrit en essayant, à cette occasion, d'y introduire des restrictions.

Cette Charte fut signée le 26 février 1603.

Cette signature de la Coutume Bressaude s'est déroulée en grandes pompes à  Nancy, en présence de la cour mais en l'absence des principaux intéressés, les Bressauds.

Les amateurs de textes anciens peuvent consulter ici le contenu de cette Charte extraite des archives anciennes de La Bresse (série AA) publiée par M.L. Duhamel, archiviste, en 1870.

A La Bresse, la publication officielle de cette Charte eut lieu le 14 mars 1603 lors du plaid banal, devant la population muette et résignée, en ces termes:

"Cejourd'hui quatorzième du mois de mars mil six cens et trois, à la tenue des plaids bannaux et annaulx du village de La Bresse, ou presidoient et tenoient siège noble François Du Bois et Martin Bouchon, receveur et controlleur d'Arches au nom de Son Altesse, les coustumes et formalitez de La Bresse contenues et déclarées au présent cayer, ont esté leuttes et publiées haultement et publiquement durant les dictz plaidz, par devant et en présence des ditcts sieurs receveur et controlleur d'Arches, maire, jurez, justice et de tous les habitans de la dicte Bresse, du moins la plus grande et saine partie d'iceux, et plusieurs aultres defforains des villaiges et lieux circonvoisins, ainsy et de la sorte qu'elles sont écrittes et enregistrées cy devant ensemble l'homologation de Sa dicte Altesse en faicte d'autre part, le tout aux fins que personne n'y prétende cause d'ignorance. Lesquelles coustumes et formalitez ont esté approuvées et aggrées en tous leur contenu par les dicts habitans et assistans. En tesmoing de quoy, nous tabellions soubscritz, avons à la requestre des dicts maire et justice de La Bresse qui ont certifié ja les avoir fait publier en plaid beny, signé le présent act de nos seings manuelz avec les dicts sieurs receveur et controlleur d'Arches les an et jour que dessus, en présence de noble François Petitgout, demeurant à Remiremont, Emon Jeanjenet demeurant à Cornimont, Bastien Valdenaire, demeurant à Ventron, Delon Bernet, demeurant à Rochesson, Demenge Gehin, maire dudict Ventron et de plusieurs aultres tesmoins assistans à la dicte publication.

Signé :         Du Boys, Bouchon, Triboixe et Hinguenot"

 

Suivirent de nombreuses attaques contre les privilèges, comme témoignent les différentes suppliques émises par la population aux autorités du duché de Lorraine avec, parfois, des interventions jusqu'à la cour de Versailles auprès du roi de France.

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